mercredi 13 septembre 2017

Irma, ou la chronique d'un abandon...

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Irma, ouragan de force 5, 1000 km de diamètre, des vents dépassant les 330 km/h, une vitesse de déplacement enregistrée aux alentours de 25 km/h, une trajectoire est/ouest confirmée depuis l'espace et validée par tous les spots de surveillance météorologiques de la planète...
Une liste de paramètres connus et vérifiés depuis.. le 1er septembre.
Question: Comment appelle-t-on le chef d'un état qui prend connaissance d'un fléau majeur 5 jours avant qu'il ne frappe sa population, et qui fait le choix de l'attentisme?
Des qualificatifs, on peut en trouver autant qu'il y a d'individus dégoûtés et ulcérés devant ce qu'il faudra bien appeler désertion, débâcle, abandon, non-assistance à personnes en danger de mort, au choix...
J'imagine aisément les noms d'oiseaux qui viennent à l'esprit de ces gens, livrés au chaos et aux pillards armés, à la simple évocation d'Emmanuel Macron.
Cet homme au verbe haut, au buste droit. Ce jeune tribun insolent et exalté, que certains comparent à Kennedy. Ce "startupeur" du pouvoir, ce gamin prodige qui promettait la fin de République "à papa", et annonçait la République 2.0.
Cette posture jupitérienne, ce volontarisme effréné, ce dynamisme brandi comme un étendard, laissaient espérer de la réactivité, un sens de l'immédiateté, du courage, de l'impulsivité face aux difficultés traversées par le pays et aux menaces qui pèsent sur sa population.
Mon cul...
Le "bougisme", les élans impétueux, les coups de corne, c'était pour les meetings. Pour les Zenith remplis de jeunes cadres de la finance encore boutonneux, venus se masturber les uns sur les autres devant le nouveau gourou parachuté des nuages.
Pour le reste, c'est à dire le terrain, le citoyen, la réalité, le monde de ceux qui ont les pieds par-terre, merci de ré-essayer plus tard, d'installer la nouvelle mise-à-jour et de redémarrer...

Irma est donc passé.
Comme le Tour de France: La caravane en premier, le peloton au milieu, et la voiture balai en dernier. Sauf que la caravane est passée dans l’indifférence totale, que le peloton a écrasé tout le monde sur son chemin, et que la voiture balai est arrivée avec 3 jours de retard.
Résultat ? Un morceau de France ravagé à 100%, abandonné sur ses ruines et livré à une vermine charognarde que des décennies de laxisme sécuritaire a engendrée. Un bout de France qui, aujourd'hui, en est réduit à quémander de l'aide à ceux-là mêmes qui ont failli aux devoirs et missions de protection paraphés au bas de notre constitution.
De quel déshonneur plus honteux peut s'affubler un état qui se dit civilisé, structuré socialement, et qui s'est auto-attribué le titre de pays des droits de l'Homme ?
De quelle crédibilité pourra encore se prévaloir ce gouvernement qui donne des leçons d'humanisme à tout le monde, dépense des millions d'argent public à l'accueil et au secours de milliers de clandestins, et qui aura abandonné au chaos le plus absolu une population à laquelle il avait le temps et les moyens d'appliquer les plus élémentaires des règles de prévention et de précaution ?
On se demande bien.
                                           
D'autant que de la bouche même du Président, nous apprenons que le ministère de l'intérieur a poussé l'approximation jusqu'à positionner forces et assistance.. sur l'archipel d'à coté. On croit rêver...
Aujourd'hui, c'est le même homme qui vient nous raconter des histoires de pont aérien sans commune mesure avec ce que l'histoire du monde a connu depuis la débâcle nazie.
Ce besoin d'aligner de telles énormités aurait-il des fondements pathologiques, ou serait-il simplement l'expression de ce verbiage chronique hypertrophié auquel il nous a habitué ?
Ou les deux ?...
La réponse à cette question, quelle qu'elle soit, conduit de toute façon au même constat: nous pataugeons dans le ridicule achevé.
      
Que toutes ces vidéos désespérées, ces appels à l'aide et les centaines d'autres à venir nous servent de leçon.
Nous avons un président de salon qui n'opposera jamais rien d'autre que de la prose sentencieuse et des formules alambiquées aux défis sécuritaires qui se dresseront sur son chemin. Même si le raccourci n'est des plus opportuns, il n'est pas inutile de rappeler que sa gestion de l'islamisme et du terrorisme est déjà soumise au même traitement "par la phrase", et se traduit naturellement par le même processus : atermoiements, bilans, consternations...
Macron pourra bien survoler autant de fois qu'il voudra les ruines de St Martin, pérorer devant tous les micros qui se tendront, adopter toutes les mines de circonstance que ses communicants lui ont enseignées, jouer de tout son arsenal sémantique élaboré, il ne mettra jamais que des mots sur des actes manqués. Que des mots sur des morts et des ruines...
Les faits, les témoignages, les images et probablement le bilan humain, balayeront irrémédiablement la soupe minimaliste que nous servent les grands médias de métropole depuis une semaine.
Tout Jupiter qu'il est, la vérité crue lui sera posée sous le nez et l'obligera à répondre de son incurie. Tôt ou tard.
Une catastrophe naturelle est toujours terrible. Tout au plus pouvons-nous en atténuer les effets si tant est qu'elle nous en laisse le temps. Ce qui fut le cas pour Irma.
Il sera donc rappelé à cet apprenti du pouvoir que gouverner, c'est prévoir, et que la sécurité d'un pays ne se traite pas avec des selfy's et des petites phrases.
Sous peine de se voir traîner l'étiquette d'un président qui aura, comme ses prédécesseurs, contribué à faire des français des orphelins de leur propre sécurité...

Eric.


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