Montand, on en pense ce qu'on en veut.
Les pisse-froids en mal d'argument nous expliqueront que tout ce qui est excessif est insignifiant.
Ca peut s'entendre.
Néanmoins, sous cette forme ou une autre, on peut convenir que l'intelligence et la dignité en politique (et pas que..), c'est être capable de faire un examen de conscience et d'en assumer les conclusions.
Le compagnon du Parti Communiste qu'il fut avait ce courage, dans une époque troublée ou le PCF avait pourtant pignon sur rue.
Yves Montand était un homme de gauche.
La VRAIE gauche.
Celle qui est capable de dénoncer sans gesticulations ni circonvolutions verbeuses, les ignominies, exactions et autres crimes, de ceux qui en ont pourtant forgé les bases et coulé les fondations.
Celle qui ose convenir que son magistère idéologique, aussi ancré soit-il, n'est pas le seul et unique catéchisme de la pensée humaine admissible et respectable.
Celle qui accepte, même si c'est contre nature, que d'autres puissent voir le monde par un autre prisme que celui de l'héritage intellectuel du socialo-communisme triomphant. Ce dictat moral gravé dans le marbre, et érigé en monothéisme dont la moindre remise en question condamne immédiatement à l'apostasie et au fascisme.
Bref, cette fameuse pensée unique, chère aux petits bobocrates parisiens et autres clowns du showbiz "germanopratains" qui, la bouche en creux, nous en récitent les sourates et les versets dans le premier micro tendu sans jamais s'en appliquer le début de la queue d'un seul, quitte à se vautrer dans d'interminables niaiseries à la moraline et autres inepties à peine compréhensibles, même pour le premier crétin congénital tombé de l'armoire.
Yves Montand, homme de gauche s'il en fut, n'a jamais cédé à ces bains de boue dans lesquels pataugent nos néo gauchistes à keffieh depuis 50 ans.
Il partageait pourtant avec eux les mêmes les idoles, les mêmes totems, les mêmes héros.
Comme Hollande, Lang, Faure et autres Roussel et Mélenchon, il a rendu hommage à Sartre, Beauvoir, Jaures et Robespierre.
Comme eux il a soutenu Mitterrand, Marchais, Rocard, Laguiller ou Jospin.
Mais pendant que les premiers ne retenaient de l'histoire des seconds que les façades et les portes à dorures, lui avait le courage de regarder par les fenêtres et les trous de serrure.
Quitte à se faire mal..
Il ne lui serait pas venu à l'idée par exemple, de ne retenir de Simone De Beauvoir que sa fibre féministe, ses talents de romancière ou sa ferveur communiste, sans évoquer a minima sa collaboration avec le régime de Pétain et ses chroniques radiophoniques mensuelles sur Radio Vichy en 1942, au coté d'un certain Philippe Henriot, le "Goebbels français".
Pas plus qu'il n'aurait pu glorifier l'engagement politique de Georges Marchais et ses luttes sociales, en occultant complètement sa collaboration avec la Luftwafe de 1940 à 1942, porté volontaire pour grossir les usines Messerschmitt qui assemblaient les bombardiers qui couvriront la France de bombes jusqu'en 1945.
Sans doute n'aurait-il pas non-plus évoqué le grand socialiste et résistant que fut François Mitterrand, sans mentionner au moins une fois qu'il fut également sous les ordre de Pétain, collaborationniste et décoré de la Francisque.
Yves Montand n'était pas de cette gauche lobotomisée qui ne voit le mal chez l'autre qu'à condition que l'autre soit de droite, et qui éructe l'anathème ou dégaine le procès en fascisme à la moindre démonstration de son analyse à géométrie variable.
De nos jours, ce positionnement de bon sens lui aurait valu des tombereaux d'insultes de la part de cette gauche hémiplégique sectaire. De ces procureurs tellement convaincus d'appartenir à un pseudo "camp du bien", qu'ils s'imaginent légataires d'une espèce de pensée unique qui leur serait tombée sur la tronche comme une fiente de pigeon tombe du ciel.
Dans cette vidéo qui date pourtant de 1984, il distribue à tous ces parangons auto proclamés du récit gauchiste, la démonstration par l'exemple que quand ils convoquent l'Histoire, ils se doivent de la convoquer TOUTE ENTIERE. Avec ses lumières ET ses cotés obscurs.
Pas en tirant la chasse sur tout ce qui contredit leurs certitudes établies.
Pas en rejetant tout ce qui remet en cause les théories révolutionnaires à la con distillées par leurs profs de philo entre deux joints, ou les âneries anarchistes de leurs parents encartés à la CGT.
En deux mots, Montand, communiste engagé de la première heure, avaient cette faculté dont la gauche républicaine contemporaine s'est pompeusement exonérée, au prix de l'effacement de son âge d'or et de l'avènement de sa décrépitude : l'introspection.
Sans introspection, pas de remise en question, donc pas d'adaptation ni d'évolution de la pensée.
Sans introspection, c'est l'enfermement progressif et irréversible dans un sectarisme idéologique rigide et stérile.
Sans introspection, c'est le déni compulsif d'un réel pourtant explosif qu'il ne faut ni voir ni entendre, de peur d'égratigner ce fameux vernis d'honorabilité propre à "l'idéal de gauche".
Sans introspection, c'est foncer à 180 à l'heure dans le mur de la connerie sans regarder sur les cotés et en klaxonnant des deux mains..
Ca porte un autre nom : l'aggiornamento, ou l'art de se mettre à jour.
A force d'avoir oublié le sens de ce mot, la gauche moderne a engendré un monstre.
Ce monstre, il s'appelle Jean Luc Mélenchon.
Et cet ogre affamé lui, ne s'embarrasse ni d'introspection ni de mise à jour. Qu'ils soient socialistes, écologistes ou communistes, il fera de tous ces idéologues trop cons pour se remettre en question, son festin dominical.
Si je me hasardais dans le lyrisme à deux balles, je dirais
qu'il ne restera de leurs carcasses luisantes livrées aux vautours, qu'un minable tableau ou il perdra son regard vide après un coït bâclé.
En France, Mélenchon est passé d'histrion exalté pittoresque, exotique, presque sympathique, à leader de la gauche.
En résumé, enfermés dans leurs œillères et enkystés dans leurs dogmes, ils ont fait de Mélenchon et de sa cohorte de tarés, LA GAUCHE..
En voyant ces derniers jours le chaos qu'est devenu mon pays, il m'est venu l'espoir d'une sorte de consensus moral, trans partisan.
Une sorte de pacte de non agression entre partis républicains, unis autour d'une condamnation unanime de ce carnage perpétré par ces hordes de crevures dégénérées.
Ou, pour le moins, un accord de principe sur la nécessité vitale de rentrer sans état d'âme dans la gueule de ces racailles à capuches de la "diversité heureuse", déversées par transports publics entiers (que vous payez), pour massacrer, brûler, piller (ce que vous avez payé aussi), et ne laisser derrière eux qu'une montagne de ruines (que vous payerez encore)..
Que nenni.
Les "sachants" de gauche, du PS au PC en passant par les pastèques (Les écolos, verts dehors, rouges dedans), les LFI, les wokes inclusif.ive.s, les LGBT+@*#% à porte jarretelles, les pro palestiniens à keffieh, les anti capitalistes à sandales, les végans à quinoa, les animalistes à croquettes, et pour boucler la boucle, les crétins utiles de Netflix et Spotify depuis leurs cocotiers californiens, bref, tout le panel de la "bien pensance" réminiscente, se sont arrogé le pouvoir d'imposer une autre lecture de ces émeutes :
La sauvagerie urbaine est devenue policière.
Les agresseurs, des agressés.
Les victimes, des dommages collatéraux.
Les pillages, de la revanche sociale.
les gardés à vue, des martyrs du régime.
La haine, une saine colère.
La violence, légitime.
Les casseurs réprimés, des enfants maltraités.
Un keffieh arraché, de l'islamophobie.
Un drapeau israélien brûlé, un acte humanitaire.
Un drapeau français brûlé, un refus du nationalisme d'extrême droite.
Conclusion : le chaos généralisé est devenu un combat héroïque, un mal nécessaire et une réponse légitime à un état fasciste, raciste et éborgneur d'enfants, gouverné par des suprémacistes blancs islamophobes et colonialistes gangrénés par des flics néo nazis.
N'en jetez plus..
Encore une fois, le réel brut a une nouvelle fois eu raison de ma naïveté.
Dans ce conflit urbain parfaitement orchestré par Mélenchon, il me suffisait pourtant d'observer tout le gratin de cette gauche paillasson, Olivier Faure en tête, se battre pour lui butiner quelques miettes d'hémorroïde, pour comprendre l'étendue de ma crédulité.
En d'autres termes, une fois encore j'ai regardé mes pompes en murmurant : mais quel con...
Une rapide projection dans notre époque ne dira pas si Yves Montand, toujours de ce monde, aurait objectivement plus et mieux nuancé sa conclusion.
Quoi que..
Mais ma modeste imagination peut se risquer à penser qu'il y aurait probablement ajouté un constat implacable : ce pays a récolté la gauche républicaine qu'il mérite, pour l'avoir laissée se vider des valeurs cardinales qui furent les siennes, et se remplir jusqu'aux yeux d'une bouillie démagogique terne et sans la moindre consistance.
Toutes les conditions réunies donc, pour devenir une proie servile et dévouée, accourant au premier plat de lentilles tendu, quitte à accepter sur sa nuque la botte des nervis antisémites, francophobes, islamofascistes et violents de l'extrême gauche française.













